13.10.2025 Actualité

« Des pratiques commerciales équitables constituent la base pour pouvoir avancer ensemble »

Quand on lit les journaux, cela saute aux yeux : les tensions dans la chaîne alimentaire sont plus que jamais d’actualité. Les prix, les marges et les protestations du monde agricole montrent à quel point l’équilibre peut parfois être fragile. Cela prouve en même temps à quel point la transparence et la confiance sont importantes pour pouvoir garder une alimentation belge de qualité et abordable. C’est pourquoi, à la demande de Fevia, le SPF Economie a récemment désigné un référent neutre pour la chaîne agroalimentaire. Nous avons rencontré Myrle Claessens qui occupe ce rôle depuis le mois de juillet.

Myrle Claessens, het aanspreekpunt voor de agrovoedingsketen

Bonjour Myrle, et bienvenue. Dites-nous, qui êtes-vous et comment êtes-vous arrivée à ce poste ?

Je travaille depuis quinze ans déjà à l’Observatoire des prix du SPF Economie, avec une attention particulière constante pour la chaîne agroalimentaire. J’ai ainsi collaboré à des études sur les filières laitière, porcine et bovine. En d’autres termes : l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’agriculteur au distributeur. J’ai en outre cartographié l’évolution des prix et des marges et identifié les points de tension. 

Grâce à cette expérience, j’occupe, depuis le mois de juillet, cette nouvelle fonction de référent neutre pour les entreprises de la filière agroalimentaire qui ont des questions ou des préoccupations concernant l’application de la législation sur les pratiques commerciales déloyales, mieux connue sous le nom de ‘’législation UTP’’. »

Pourquoi les pratiques commerciales équitables sont-elles capitales ?

« Le groupe de travail agroalimentaire, dirigé par le ministre Clarinval, a explicitement abordé le thème des pratiques commerciales équitables : la chaîne agroalimentaire est un écosystème unique. Si les accords ne sont pas respectés, tout le monde y perd : de l’agriculteur au consommateur. Les pratiques équitables apportent de la stabilité, de la confiance et des perspectives. »

Comment comptez-vous développer cette nouvelle fonction ?

« Je souhaite avant tout rendre cette fonction visible et accessible afin que les entreprises puissent me joindre facilement et en toute discrétion. Nous travaillons en outre à la mise en place d’outils pratiques tels qu’une FAQ sur les pratiques commerciales déloyales et un guide pratique sur les clauses contractuelles dans la chaîne agroalimentaire.  Enfin, je souhaite renforcer la culture du dialogue en réunissant rapidement les parties autour de la table en cas de tensions. »

Concrètement, qu’est-ce que les entreprises peuvent attendre de vous ?

« Des conseils, des informations et de la discrétion. Vous pouvez me contacter directement et en toute confidentialité. Je vous écoute, je réunis les parties, si c’est possible, et vous oriente vers les services compétents en cas d’infraction avérée. »

Myrle Claessens, het aanspreekpunt voor de agrovoedingsketen

Beaucoup d’entreprises craignent de faire valoir leurs droits. Comment comptez-vous gérer ça ?

« Je comprends cette « fear factor ». C’est pourquoi je garantis un anonymat total. Un coup de téléphone ou un mail peut suffire à dissiper rapidement un malentendu, avant qu’il ne s’aggrave. Il s’agit souvent de petites questions ou incertitudes qui peuvent être clarifiées à l’aide des bonnes informations. Mon message est donc : n’attendez pas que le conflit s’envenime, venez plutôt me faire part de vos préoccupations dès le début. »

De votre côté, qu’attendez-vous des entreprises ?

« Continuez à dialoguer et familiarisez-vous avec la législation UTP. La transparence commence par le respect des accords. C’est la seule façon de bâtir une chaîne saine. Les fédérations telles que Fevia contribuent à la diffusion des connaissances et des bonnes pratiques. »

D’un guide UTP à une adresse e-mail pour examiner les clauses : voilà comment Fevia accompagne ses membres.

Quel serait pour vous un premier succès ? 

« Que les entreprises sachent spontanément où me trouver et osent franchir le pas pour prendre contact avec moi. Il s’agit pour moi de me faire connaître comme un référent accessible et fiable. J’espère également voir des progrès tangibles dans les dossiers en cours, comme le code de conduite dans le secteur de la pomme de terre et le développement d'indicateurs de rentabilité dans les chaînes agricoles. De tels résultats concrets montrent que les pratiques commerciales équitables sont plus qu’un principe : elles fonctionnent dans la pratique. »

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