FoodDrinkEurope : l'industrie alimentaire à la recherche de réponses face à une pression grandissante
L'industrie alimentaire belge et européenne subit une pression croissante. Tensions géopolitiques, hausse des coûts de l'énergie et des salaires, recul de la compétitivité: les entreprises font face à des défis majeurs. Lors de l'IdeasFest de FoodDrinkEurope, le 24 juin, des entreprises et des experts du secteur alimentaire européen se sont réunis autour d'une question centrale: comment rendre la chaîne alimentaire européenne plus résiliente?
Les tensions géopolitiques se font sentir
La guerre en Iran et d'autres tensions internationales ont un impact direct sur la chaîne alimentaire européenne. Les entreprises sont confrontées à une hausse des coûts du carburant et de l'énergie et se tournent de plus en plus vers des sites de production alternatifs hors d'Europe, comme l'Inde et la Chine.
Une récente enquête de Fevia révèle à quel point le secteur ressent cet impact. Ainsi, 88 % des entreprises indiquent que la hausse des prix du carburant affecte leur activité, tandis que 86 % considèrent les coûts énergétiques élevés comme un défi majeur. Pour un secteur aussi énergivore que l'industrie alimentaire, ces coûts pèsent particulièrement lourd.
L'Europe perd du terrain
Outre la hausse des coûts, la compétitivité de l'Europe est elle aussi sous pression. Nos entreprises constatent que l'Europe perd du terrain, pour la première fois en quarante ans, face à des pays comme l'Inde et la Chine, capables de produire aujourd'hui à moindre coût. Les chiffres à l'exportation vont dans le même sens : l'an dernier, la croissance des exportations a reculé de 1,9 %.
Cette baisse de rentabilité limite les marges de manœuvre pour investir, innover et créer de l'emploi. C'est pourquoi un message clair s'est dégagé de cette rencontre : le protectionnisme n'est pas une solution. L'avenir passe par une diversification accrue des matières premières, des fournisseurs et des marchés d'exportation.
La sécurité alimentaire appelle à la coopération
Les défis ne se limitent toutefois pas à l'économie. Lors de l'événement FoodDrinkEurope, il a été souligné que l'alimentation saine est souvent la première à pâtir d'une perturbation de notre secteur, alors que les produits moins sains, eux, restent disponibles. C'est pourquoi, selon les participants, la sécurité alimentaire doit devenir une responsabilité partagée entre l'industrie, les pouvoirs publics, les scientifiques et les chercheurs.
L'innovation comme levier
Pour rendre l'industrie alimentaire européenne plus résiliente, l'innovation joue un rôle clé. L'intelligence artificielle peut rendre les processus de production plus efficaces, permettant aux entreprises de produire davantage avec la même quantité de matières premières et de réduire le gaspillage alimentaire. Un meilleur partage des données et une traçabilité renforcée doivent également permettre de détecter plus rapidement les failles de la chaîne alimentaire.
La transition énergétique reste par ailleurs un défi de taille. D'ici 2030, l'industrie alimentaire continuera de s'électrifier, ce qui nécessitera des investissements considérables. Reste la question de savoir comment garantir une alimentation abordable tant que les prix de l'énergie demeurent élevés.
La conclusion de l'IdeasFest était claire : l'Europe ne retrouvera pas sa compétitivité d'elle-même. Ce n'est qu'en investissant dans l'innovation, la coopération et une chaîne alimentaire plus solide que le secteur pourra mieux se préparer aux crises futures.