"It’s the food industry, stupid."
“It’s the economy, stupid.” est une formule célèbre de James Carville, stratège de la campagne présidentielle de Bill Clinton en 1992, afin de rappeler sans détour à l'équipe de campagne qu'il fallait se concentrer sur la préoccupation la plus urgente des électeurs américains : la situation économique et son impact sur leurs finances personnelles. Aujourd’hui, il est (malheureusement) nécessaire de rappeler que l’industrie alimentaire – pilier de notre économie – doit être davantage au cœur des préoccupations politiques.
La situation est préoccupante
La guerre au Moyen-Orient et plus largement le contexte géopolitique accentuent la pression sur les prix de l’énergie, du transport et des emballages, ainsi que sur les matières premières.
Une première enquête menée par Fevia auprès de ses membres (début avril 2026) montrait déjà la gravité de la situation :
- Toutes les entreprises alimentaires sont touchées
- La hausse des coûts n’est pour l’instant pas répercutée dans les prix de vente
- La rentabilité est fortement sous pression, avec des conséquences sur les investissements et l’emploi
Une deuxième enquête, en cours, devrait confirmer l’impact important subi par les entreprises alimentaires.
Vers une contraction de l’emploi ?
L’industrie alimentaire est le premier employeur industriel de notre pays, avec près de 103.000 jobs. Cependant, les prévisions de notre enquête en matière d’emploi commencent déjà à se matérialiser.
Ainsi, au mois de mai, le VDAB (organisme public chargé de l'emploi et de la formation professionnelle en Flandre) n'a reçu que 344 offres d'emploi provenant d'entreprises du secteur alimentaire. Il s'agit du nombre le plus bas depuis plus de 5 ans (août 2020). Ce chiffre vient confirmer le ralentissement du marché de l’emploi que l’on observe depuis le dernier trimestre de l’année passée.
Mettre l’industrie alimentaire au cœur des préoccupations
Au fond, si les politiques veulent répondre aux préoccupations des citoyens — pouvoir d’achat et emploi en particulier — ils doivent reconnaître que ces enjeux passent largement par l’industrie alimentaire.
Assurer une énergie abordable facilitant la transition, des pratiques commerciales équitables pour tous, un cadre fiscal cohérent, une véritable politique soutenante pour les emballages, une approche pragmatique et constructive pour la politique environnementale et en matière de sécurité alimentaire, un soutien clair à la R&D dans le secteur alimentaire, un véritable partenariat solide en matière d'alimentation et santé, c’est faire un choix clair : remettre l’industrie alimentaire au centre !