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30.03.2026 Actualité

« La confiance dans la sécurité alimentaire est notre capital le plus important »

Ces derniers temps, la sécurité alimentaire a fait l’objet d’une grande attention dans les médias. Les rappels de produits et les incidents font régulièrement la une de l’actualité et suscitent des questions chez les consommateurs. À quel point notre alimentation est-elle vraiment sûre aujourd’hui ? Et que font les entreprises pour limiter les risques ? Nous avons consulté deux experts de Fevia pour comprendre la situation de la sécurité alimentaire dans le secteur alimentaire belge et identifier les défis à relever.

Comment devons-nous interpréter les récents rapports sur la sécurité alimentaire ? Y a-t-il lieu de s’inquiéter ?

Pauline Spagnoli, Food Policy Advisor : « Il est important de remettre ces rapports en perspective. Chaque incident est un de trop, mais en même temps, cela montre également que le système de contrôle fonctionne. Les entreprises détectent les problèmes et interviennent, souvent avant qu’il y ait un danger concret pour le consommateur. »

Johan Hallaert, Senior Food Policy Advisor : « La sécurité alimentaire n’est pas une affaire secondaire, c’est la base absolue de tout ce que font les entreprises alimentaires. Sans sécurité alimentaire, il n’y a pas de confiance, et sans confiance, il n’y a pas de secteur. La sécurité alimentaire est notre ‘licence to operate’. »

Quel impact la sécurité alimentaire a-t-elle sur la société ?

Johan : « La sécurité alimentaire dépasse le cadre de l’industrie alimentaire. Elle touche à la santé publique, à l’économie et au commerce international. Sans garanties solides en matière de sécurité alimentaire, les entreprises ne peuvent pas exporter, créer des emplois ni instaurer la confiance. Cette confiance est notre capital le plus important. »

Que se passe-t-il en coulisses pour garantir la sécurité alimentaire ?

Johan : « Beaucoup de choses, et cela reste souvent invisible. Les entreprises alimentaires belges investissent depuis des années massivement dans la prévention et le contrôle. Pensez, par exemple à :

  • Des systèmes d’autocontrôle stricts qui suivent en continu les processus

  • La traçabilité de la matière première jusqu’au produit fini

  • Des audits et certifications réguliers au-delà des exigences légales

  • La formation des employés à tous les niveaux

  • Des procédures rapides de rappel de produits si nécessaire

Pauline : « La Belgique ne figure pas parmi les meilleurs d’Europe par hasard. C’est le résultat d’années d’efforts des entreprises et de leur collaboration avec les autorités. Les contrôles montrent que la grande majorité des produits alimentaires respecte les normes légales strictes, ce qui prouve que le système fonctionne très bien en pratique. »

Pourtant, chaque année, nous entendons parler d’incidents. Comment est-ce possible ?

Johan : « Malheureusement, le risque zéro n’existe pas. Nous travaillons avec des produits issus de la nature, des chaînes complexes et des interventions humaines. Des erreurs peuvent survenir. »

Pauline : « Mais la différence réside dans la manière de gérer ces situations. Un système solide détecte rapidement, intervient et apprend. C’est justement le cas aujourd’hui. »

Johan

La sécurité alimentaire devient-elle plus complexe ?

Johan : « Absolument. Le contexte évolue rapidement. Pensez au changement climatique, aux tensions géopolitiques, aux nouvelles technologies ou à l’évolution des comportements des consommateurs. Cela impacte les matières premières, les processus de production et les risques. Les entreprises doivent sans cesse s’adapter et anticiper. »

Pauline Spagnoli

Où se situent aujourd’hui les principaux risques ?

Pauline : « Ce n’est pas tant l’absence de règles qui pose un problème, car elles sont nombreuses. Le défi réside dans leur application quotidienne et dans notre contexte en évolution. La recherche académique montre que les vulnérabilités sont souvent liées, entre autres, à la pression temporelle sur le lieu de travail ou à une communication interne insuffisante. C’est pourquoi nous insistons de plus en plus sur l’importance d’une food safety culture. »

Que signifie concrètement une telle culture mature de la sécurité alimentaire ?

Pauline : « Cela signifie que chacun, de la direction à l’opérateur, est impliqué. Dans les entreprises performantes, il existe une culture où les responsables donnent explicitement la priorité à la sécurité alimentaire et le déclarent, où les employés osent signaler les problèmes, où la formation est continue et adaptée aux besoins individuels des collaborateurs, et où chacun ressent la même responsabilité en matière de sécurité alimentaire. La sécurité alimentaire n’est pas une simple checklist. C’est un état d’esprit. »

La sécurité alimentaire n’est pas une simple checklist. C’est un état d’esprit.

Pauline Spagnoli, Food Policy Advisor

Qu’attendez-vous de la part des autorités ?

Johan : « La collaboration avec les autorités est essentielle. La Belgique dispose d’un système solide, notamment grâce à l’AFSCA. Chaque année, elle effectue plus de 100 000 contrôles sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, de la matière première au produit fini. Toute nouvelle réduction des moyens de l’AFSCA est donc à proscrire. Il est important de préserver cette expertise et ces contrôles. La sécurité alimentaire exige une attention et des investissements continus de la part de tous. »

Comment continuer à investir ensemble dans la confiance ? 

Pauline : « La sécurité alimentaire n’est jamais “terminée”. C’est un processus continu d’amélioration, d’adaptation et de collaboration. Grâce à des outils comme le Food Safety Culture Improvement Tool, Fevia aide les entreprises à renforcer et à évaluer leur approche. Car, finalement, pour l’ensemble de la chaîne, c’est la même règle : la confiance se construit lentement mais peut se perdre très vite. »

En tant qu’entreprise, souhaitez-vous travailler sur votre culture de la sécurité alimentaire ?

  • Le Food Safety Culture Improvement Tool vous met sur la voie et est disponible gratuitement pour les membres de Fevia !

  • Grâce à cet outil, vous pouvez comparer vos résultats à un échantillon de l’industrie alimentaire belge.  Saisissez vos données et découvrez à quel point votre culture de la sécurité alimentaire est mature par rapport à 20 autres entreprises. 

  • Ecoutez le podcast de Flander’s FOOD sur la sécurité alimentaire.