Oui, l’internationalisation et le développement durable peuvent aller de pair
13.10.2025 Actualité

Oui, l’internationalisation et le développement durable peuvent aller de pair

Dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, le changement climatique et les attentes croissantes en matière de développement durable, l’industrie alimentaire wallonne montre qu’elle sait conjuguer deux réalités souvent présentées comme contradictoires : l’internationalisation et le développement durable. Lors de Food Connections, plus de 420 acteurs du secteur ont partagé leurs expériences, leurs doutes mais aussi leurs solutions pour construire un système alimentaire plus durable.

Quand le développement durable devient un atout pour l’exportation

Plantons le décor : près de la moitié du chiffre d’affaires de l’industrie alimentaire wallonne provient de l’exportation. Dans un petit pays comme la Belgique, où les frontières ne sont jamais loin, l’internationalisation n’est pas un choix, mais une nécessité.

Les tensions commerciales ou géopolitiques n’y changent rien. Elles obligent simplement à mieux choisir ses marchés, à se différencier, voire à trouver des alternatives à certains approvisionnements. 

Oui, l’internationalisation et le développement durable peuvent aller de pair

« Le développement durable n’est pas une contrainte mais un atout pour l’internationalisation. Et l’internationalisation peut, elle aussi, devenir un moteur de développement durable », a souligné François Gemenne, politologue et professeur spécialiste en géopolitique de l’environnement et migrations climatiques. 

À l’étranger, les consommateurs associent nos aliments et boissons à la qualité : sécurité, traçabilité et performance environnementale deviennent ainsi de véritables arguments concurrentiels sur les marchés extérieurs, où la santé et la confiance pèsent de plus en plus dans l’acte d’achat.

Quand l’internationalisation accélère le développement durable

Wagralim a rappelé un constat essentiel issu de l’analyse du cycle de vie : la plus grande part de l’empreinte environnementale des produits alimentaires provient de la production primaire et, ensuite, de la transformation. À l’inverse, le transport et l’emballage ne représentent qu’une part relativement limitée.

D’où un message clair : innover et investir dans des pratiques plus durables, au niveau de chaque maillon, collaborer tout au long de la chaîne et développer de nouvelles filières locales sont les voies les plus efficaces pour rendre notre système alimentaire à la fois plus durable et plus robuste. Les entreprises présentes en ont donné des exemples concrets. 

Oui, l’internationalisation et le développement durable peuvent aller de pair

Cosucra, spécialiste des ingrédients issus de la chicorée et des pois, accélère le recours aux protéines végétales. L'entreprise Mellow, spécialisée dans les desserts frais premium, développe un chocolat à base d’avoine européenne. Et Ecopoon, pionnier des couverts comestibles, adapte son discours pour séduire par le plaisir gourmand tout en réduisant les déchets plastiques.

Choisir ses interdépendances, renforcer la résilience

Au débat « localiser ou s’étendre », la réponse des intervenants a été nuancée. La souveraineté ne signifie pas l’isolement ; c’est la capacité à choisir ses interdépendances. Comme l’a expliqué François Gemenne, dans un monde marqué par le changement climatique et les tensions géopolitiques, aucun pays n’est totalement autonome. La vraie souveraineté consiste à décider de qui l’on veut être dépendant, plutôt que de subir ces dépendances.

Pour les entreprises alimentaires wallonnes, cela se traduit par des choix stratégiques : se rapprocher de certains marchés ou intrants quand cela a du sens, miser sur des filières européennes plus robustes ou reformuler des produits et trouver des ingrédients alternatifs quand c’est la meilleure réponse. L’enjeu, pour reprendre l’esprit de la plénière, est moins de rétrécir que de mieux articuler : proximité quand c’est pertinent, ouverture quand elle nourrit la compétitivité et la transition.

Créer les conditions d’une compétitivité durable

Si les entreprises montrent qu’elles peuvent évoluer, elles ont besoin d’un cadre compétitif et qui libère pleinement leur potentiel. Lever les barrières internes au marché européen, faciliter le co-financement de projets d’innovation et mieux valoriser les atouts wallons à l’international : autant de leviers pour renforcer la compétitivité et accélérer la transition. Comme l’a rappelé Michel Kempeneers (AWEX), gagner à l’export, c’est autant innover que savoir se raconter.

Food Connections - Créer les conditions d’une compétitivité durable

Food Connections a conclu sur une conviction partagée : en agissant ensemble – entreprises, pôle d’innovation et décideurs politiques – l’industrie alimentaire wallonne a tout en main pour transformer ses défis en opportunités et rester à la fois durable, compétitive et tournée vers l’avenir.