Position de Fevia sur le dioxyde de titane dans les denrées alimentaires

29.04.2019

Pour l’industrie alimentaire, la sécurité alimentaire constitue une priorité absolue. C’est pourquoi les producteurs alimentaires belges n’utilisent que des additifs dont la sécurité est confirmée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Cela vaut également pour le dioxyde de titane (E 171), un colorant approuvé par l’Europe pour utilisation dans les denrées alimentaires et qui a fait l’objet d’une réévaluation positive en 2016 [1].

Le dioxyde de titane se rencontre dans la nature sous la forme d’élément minéral et est utilisé dans de nombreuses applications, telles que les denrées alimentaires, le dentifrice ou encore les médicaments. L’industrie alimentaire utilise spécifiquement le pigment comme agent blanchissant dans certains produits alimentaires, par exemple, comme couche de fond sous la couche de couleur des bonbons et dans le chewing-gum. Le dioxyde de titane utilisé en tant que pigment est également appelé blanc de titane.

Quatre études scientifiques de 2017 ont fait le lien entre la forme nano du dioxyde de titane, dans laquelle la substance est présente en minuscules particules, et des risques pour la santé. Afin d’obtenir la couleur blanche souhaitée, les entreprises alimentaires doivent toutefois limiter autant que possible la quantité de nanoparticules dans le dioxyde de titane (E 171).  L’EFSA a évalué les quatre études et, en 2018, en est venue à la conclusion qu’il n’y avait toujours pas de raison d’adapter l’évaluation de la sécurité [2]

La Commission européenne et l’EFSA continuent à suivre le statut de la sécurité du dioxyde de titane. Ainsi, en juin 2018, la Commission européenne a demandé à l’industrie de fournir des informations complémentaires sur la taille des particules et la distribution granulométrique du dioxyde de titane. En outre, une enquête toxicologique est en cours [3], dont les résultats sont attendus d’ici août 2019. Une mise à jour de l’opinion de l’EFSA est attendue pour la fin 2019 au plus tard. A court terme, on peut supposer que le statut actuel de sécurité du dioxyde de titane reste d’application.

L’application nano du dioxyde de titane dans l’alimentation n'est pas à l’ordre du jour. Fevia considère par ailleurs que les nanomatériaux manufacturés offrent des applications potentiellement intéressantes dans l’alimentation. On pense notamment à une plus grande sécurité alimentaire, par exemple, dans le combat contre les bactéries. Sur le plan de l’alimentation et de la santé également, les applications nano peuvent contribuer, par exemple, à une meilleure absorption des vitamines ou une diminution de la teneur en sel sans altération de goût.

Avant que les nanomatériaux ne puissent venir sur le marché, ils doivent passer une procédure européenne d’autorisation très stricte (procédure Novel food). Les producteurs alimentaires qui utilisent des nanomatériaux manufacturés doivent en outre le mentionner sur l’étiquette. Fevia suit les recherches et la réglementation européenne relative aux nanomatériaux afin d’encourager les opportunités d’innovation dans l’industrie alimentaire, tout en veillant à garantir la sécurité alimentaire.

 

[3] Etude étendue de toxicité pour la reproduction (Extended one-generation reproductive toxicity study – EOGRTS).