Nouvelle pyramide alimentaire flamande : l’intention est bonne, mais des questions subsistent quant au fondement

Nicholas Courant
19.09.2017

La nouvelle pyramide alimentaire flamande vise à  aider les Flamands à opter pour un style de vie plus sain et plus équilibré. Selon FEVIA Vlaanderen, la Fédération de l’industrie alimentaire flamande, il  s’agit d’une bonne cause, puisque dans sa quête vers un style de vie sain, le consommateur n’y voit plus clair en raison des nombreuses tendances alimentaires. Le secteur se pose néanmoins des questions quant au fondement de plusieurs catégories de ce nouveau modèle. FEVIA Vlaanderen préconise d’impliquer un large groupe de stakeholders, de promouvoir un modèle belge partagé et de continuer à stimuler l’innovation.

Faire du choix sain un choix facile

Les années précédentes, le gouvernement et l’industrie alimentaire ont fourni des efforts considérables pour aider le consommateur à faire des choix sains et faciles. Le secteur s’est engagé avec les Ministres flamands de l’Enseignement Hilde Crevits et du Bien-être Jo Vandeurzen pour tendre vers une offre de boissons et d’en-cas plus variée et plus saine dans les écoles pour l’année scolaire 2020-2021.

Avec la Ministre de la Santé publique Maggie De Block, le secteur a signé l’année dernière la Convention Alimentation Equilibrée. Cette convention vise à réduire de 5% l’apport énergétique et à optimiser la composition des produits, en ajoutant par exemple plus de fibres. Avec une convention similaire pour le sel, le secteur avait déjà obtenu une réduction de 10% de la consommation de sel. Enfin, le Belgian Pledge limite le marketing envers les enfants pour des produits alimentaires qui ne répondent pas suffisamment à certains critères nutritionnels.

Suffisamment fondé scientifiquement ?

Aider le consommateur à tendre vers un style de vie plus sain et plus équilibré est un défi qui doit être abordé avec l’ensemble des acteurs concernés. FEVIA considère que ce devrait également être le cas avec un modèle d'information nutritionnelle. Un tel modèle a plus d’impact lorsqu’il est appliqué dans toute la Belgique et suffisamment fondé scientifiquement.

Selon Nadia Lapage, Secrétaire générale de FEVIA Vlaanderen, c’est là que réside tout le problème : « Aux premiers abords, la nouvelle pyramide alimentaire suscite déjà de nombreuses questions justifiées. Ainsi, on ne connaît pas avec précision la base scientifique sur laquelle s’est fondé l’Institut flamand Gezond Leven pour la  dite ‘alimentation ultra transformée’ ou la catégorie complète d’alimentation animale. Comment expliquer, par exemple, que toutes les charcuteries transformées se trouvent dans le même groupe sans aucune distinction au niveau des valeurs nutritionnelles ? S’agit-il d’une traduction des avis du Conseil Supérieur de la Santé ? Nous sommes en tout cas curieux de connaître l’analyse de ce nouveau modèle par les experts scientifiques. »

Continuer à stimuler l’innovation

Les produits alimentaires de qualité fabriqués par les entreprises alimentaires belges sont très diversifiés et se retrouvent dans toutes les catégories de produits. La nouvelle pyramide alimentaire conseille de consommer davantage certains produits plutôt que d’autres. Il s’agit d’une approche correcte puisque, dans le cadre d’un style de vie équilibré, la quantité et la fréquence de consommation déterminent la façon dont un produit spécifique s’intègre au sein d’un mode d’alimentation individuel.

Jan Vander Stichele, Président de FEVIA Vlaanderen, ajoute : « Même si le nouveau modèle ne préconise pas d’éviter certains produits, nous ne pouvons ignorer que de nombreux groupes de produits sont abordés de manière négative. Nous déplorons cette approche négative envers de nombreux produits pour lesquels de nombreux efforts ont été consentis ces dernières années. C’est pourquoi nous plaidons en faveur d’un modèle qui stimule cette innovation. »