L'industrie alimentaire wallonne renforce son engagement dans la lutte contre les pertes alimentaires

Fabienne Lahaye
06.12.2017

Les audits menés dans le cadre du plan wallon REGAL confirment que les pertes alimentaires dans l’industrie alimentaire wallonne sont limitées à 2,3 % de la production.

Bruxelles, le 6 décembre 2017 - L’industrie alimentaire wallonne souhaite continuer à limiter ses pertes alimentaires, mais avait besoin de données fiables sur la quantité de pertes dans le secteur. Une étude réalisée avec le soutien du Ministre Carlo Di Antonio, dans le cadre du Plan wallon de lutte contre les pertes et les gaspillages alimentaires (« Plan REGAL »), apporte aujourd’hui plus de clarté. Le secteur obtient ainsi une première estimation : 2,3 % de pertes par rapport à la production totale. Un chiffre qui confirme que les pertes dans le secteur alimentaire sont limitées et qui encourage aussi les entreprises à poursuivre leurs efforts. FEVIA Wallonie utilisera les pistes d’amélioration identifiées dans les audits pour amener tout le secteur à diminuer davantage les pertes.

Pour progresser, il faut d’abord savoir

De mai 2016 à septembre 2017, la Direction générale Environnement du Service Public de Wallonie et FEVIA Wallonie ont uni leurs forces pour réaliser des audits[1] sur les pertes alimentaires dans les entreprises du secteur. L’objectif était double : définir la quantité de pertes alimentaires dans le secteur et identifier les mesures possibles pour réduire davantage ces pertes.

Le Ministre de l’Environnement Carlo Di Antonio : « La problématique des pertes alimentaires nous concerne tous et fait l’objet d’une attention accrue tant au niveau belge qu’au niveau européen et au niveau mondial. En Wallonie, le Plan wallon de lutte contre les pertes et gaspillages alimentaires, baptisé Plan «REGAL», vise à réduire de 30 % le gaspillage à tous les échelons de la chaine alimentaire à l’horizon 2025. En tant que maillon central de la chaine, l’industrie alimentaire a, elle aussi, un rôle à jouer. Je salue l’engagement de FEVIA Wallonie à limiter davantage les pertes alimentaires dans les entreprises alimentaires wallonnes. »

Ministre Carlo di Antonio en visite chez la Chocolaterie Bruyerre à Gosselies

Grâce à des audits réalisés dans 17 entreprises, une première estimation des pertes au sein de l’industrie alimentaire wallonne a pu être réalisée. Dans ces entreprises, les pertes se limitent en moyenne à 2,3 % par rapport à la production[2]. Cette estimation donne des résultats similaires à un exercice identique réalisé en Flandre en 2014. Cela confirme que les pertes alimentaires sont limitées dans le secteur. Les causes des pertes dans les entreprises wallonnes se situent essentiellement au niveau des erreurs humaines, des interruptions dans la production dues à des pannes, des limites des machines en termes d’efficacité et d’efficience ainsi que des problèmes liés à la forme, l’aspect et/ou la couleur du produit final.

Un engagement continu pour une croissance durable de l’industrie alimentaire wallonne

Anne Reul, secrétaire générale de FEVIA Wallonie, remercie le Ministre Di Antonio pour l’opportunité qui a été donnée au secteur de réaliser cet exercice : « Grâce à ce projet, il apparait que les pertes dans les entreprises alimentaires wallonnes restent limitées. Néanmoins, le secteur s’engage pour réduire davantage les pertes. Réaliser un audit est un excellent départ. Nous allons continuer à sensibiliser nos membres et à les encourager dans cette voie. Nous examinerons ensemble les démarches supplémentaires à entreprendre au niveau du secteur. ».

Anne Reul, secrétaire générale de Fevia Wallonie

Bruyerre

Dans son tout récent rapport de développement durable, FEVIA a fixé comme ambition pour le secteur de diminuer les pertes de 15 % d’ici 2020 (www.fevia-durabilité.be). FEVIA stimule également ses membres à faire des dons alimentaires via des institutions caritatives.

Madame Emilie Zimmer de la chocolaterie belge Bruyerre : « Suite à l’audit sur les pertes alimentaires mené dans notre entreprise, nous avons pu mieux détecter les points d’amélioration et décider de réduire nos pertes en prenant les mesures concrètes suivantes :  Ajuster les commandes de nos matières premières pour éviter le surstock, améliorer la gestion des stocks (FEFO) pour éviter d’avoir des périmés en stock, diminuer les défauts de qualité des produits  (poids , forme, taille ) en investissant sur une nouvelle décoreuse. Nous continuons également à donner aux banques alimentaires, au personnel et à faire des prix réduits dans notre magasin de Gosselies sur les pralines déclassées. »  

Consultez la brochure réalisée à l’issue des audits : cliquez ici

A propos du « Plan REGAL » 

En 2015, le Gouvernement wallon, sous l’impulsion du Ministre Carlo Di Antonio, a adopté le Plan REGAL – Le plan wallon de lutte contre les pertes et gaspillages alimentaires. Ce plan comporte 17 actions visant à réduire de 30 % le gaspillage à tous les échelons de la chaîne alimentaire à l’horizon 2015-2025. L’industrie alimentaire s’engage volontiers dans la réalisation de cet objectif. Le projet des audits cadre dans ce plan REGAL. Plus d’information : http://moinsdedechets.wallonie.be/fr/je-m-engage/gaspillage-alimentaire


[1] C’est le bureau indépendant COMASE qui a réalisé les audits.

[2] Des données fiables sur la quantité de pertes dans le secteur alimentaire restent un défi. La plupart des données qui circulent sur les pertes alimentaires dans le secteur concernent l’ensemble des flux organiques sortant des entreprises. Or, plus de 90 % de ces flux sont non-comestibles (pulpes, drêches, …). Ils ne sont pas destinés à l’alimentation humaine et ne peuvent donc pas être considérés comme des pertes alimentaires.