Exporter de manière plus simple et moins chère vers le Japon

16.07.2018

Le 17 juillet dernier, l’UE et le Japon ont signé un accord de partenariat économique. Cet accord rend l’exportation des produits alimentaires et des boissons belges plus simple, plus rapide et moins chère.

L’UE et le Japon ont signé le « EU-Japan Economic Partnership Agreement » (EPA) lors d’un sommet à Tokyo. Le Japon figure comme 4eme économie la plus riche au monde. Par ailleurs, l’UE et le Japon représentent ensemble un tiers du PNB mondial. Dans un contexte de protectionnisme mondial croissant, cet accord est donc une bonne nouvelle pour le commerce extérieur.

Accès au marché plus aisé pour les produits agroalimentaires européens

Lors des négociations de cet accord, l’UE a épinglé l’accès plus aisé sur le marché japonais pour ses produits agroalimentaires comme l’une des priorités. Grâce à l’EPA, les producteurs européens pourront prochainement, c’est-à-dire, juste après l’entrée en vigueur de l’accord ou dans le courant des prochaines années, exporter pas moins de 90 % de leurs produits alimentaires vers le Japon sans tarifs. La viande de porc, les boissons alcoolisées et les produits laitiers en particulier, pourront bénéficier de cette baisse des tarifs.

Selon le principe général, le tarif douanier japonais sera ramené à 0 % dès l’entrée en vigueur de l’EPA, à moins qu’une autre réglementation ne soit prévue. Cliquez ici et ici pour consulter l’aperçu complet des tarifs. Votre produit n’apparaît pas dans l’aperçu des tarifs ? Lors de l’entrée en vigueur de l’accord, le tarif nul sera immédiatement d’application. Pour certains produits sensibles, des quotas sans tarifs ou à tarifs réduits sont fixés.

Quelques exemples 

  • Produits de chocolat :
    • poudre de cacao : de 12,9 % à 0 % depuis l’entrée en vigueur
    • chocolat : de 10 % à 0 % sur 10 ans
    • confiseries et chocolat blanc : de 25 % à 0 % sur 10 ans
  • Boissons alcoolisées (sherry, vermouth, cidre) : de 15 % à 0 % depuis l’entrée en vigueur
  • Viande de porc transformée : de 8,5 % à 0 %
  • Fromages à pâte dure : de 29,8 % à 0 % sur 15 ans
  • Viande de bœuf : de 38,5 % à 9 % sur 15 ans
  • Fromages doux et frais : de 29,8 % à un quota sans tarif équivalent aux exportations européennes actuelles
  • Quota japonais plus élevé pour le malt, la fécule de pomme de terre, le lait en poudre, le beurre, et le lactosérum

De plus, l’accord supprime également les restrictions non-tarifaires. L’UE et le Japon vont davantage coordonner leurs exigences réglementaires et techniques en matière d’exportation, en particulier au niveau de la douane, de la certification et des additifs alimentaires. Ainsi, les bières spéciales et fruitées européennes pourront désormais être mises sur le marché japonais en tant que « bière », et non plus en tant que « happoshu », une boisson rafraîchissante alcoolisée. Par ailleurs, le système fiscal japonais d’application sur les bières a été simplifié.

Selon la Commission européenne, ces changements de tarifications pourraient, à terme, représenter une hausse de 180 % pour l’exportation européenne de l’alimentation transformée.

Renforcement de la situation concurrentielle belge dans le débouché asiatique croissant

Cette situation est aussi bénéfique pour l’industrie alimentaire belge. L’exportation est, plus que jamais, le moteur de croissance de l’industrie alimentaire belge, et l’exportation de l’alimentation et de boissons belges vers les pays lointains prend de plus en plus d’importance. Le marché asiatique en particulier présente un potentiel de croissance considérable avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud figurant dans notre top 5 des débouchés hors Europe. Un accroissement de notre compétitivité au Japon nous permet aussi de davantage nous renforcer dans la région asiatique plus large, où nos exportations vers la Chine ont doublé en 4 ans.

La qualité belge appréciée du consommateur japonais

Les Japonais ont un certain flair pour la qualité et apprécient l’alimentation et les boissons belges.
C’est ce que nous avons constaté lors de la visite d’Etat au Japon en 2016.

En 2017, nos exportations vers le Japon représentaient un chiffre d’affaires global de près de 200 millions d’euros.

  • Le chocolat et les confiseries sont nos principaux produits d’exportations.
  • Au Japon, la Belgique est le 2e fournisseur principal de frites et de croquettes. Par ailleurs, la demande de fruits et légumes transformés ne cesse d’augmenter.
  • La Belgique est la plus grande exportatrice de bières spéciales sur le marché japonais.

À partir de quand l’accord portera-t-il ses fruits ?

Le volet « protection des investissements » de l’EPA est maintenu, c’est la raison pour laquelle le processus de ratification est uniquement d’application au niveau européen. Par conséquent, les autorités européennes nationales et régionales ne doivent pas approuver l’accord, contrairement au CETA. Maintenant que le Conseil européen a approuvé l’EPA, ce dernier est transmis au Parlement européen qui se penchera dessus  à l’automne.

L’on s’attend à ce que le processus de ratification soit finalisé avant la fin de la législature européenne. L’accord entrera donc probablement en vigueur à partir de la mi-2019. Pour certains produits d’exportations, nous pourrons commencer à analyser l’impact de cet accord en 2020. Pour d’autres produits pour lesquels le tarif ou le quota sont réduits progressivement, nous devrons nous armer de plus de patience.

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